Madame de Sévigné : une femme moderne de 400 ans !

À l’occasion de l’émission Le Local de l’étape dans sa version Crock ô d’Isle, diffusée ce mercredi 20 mai à 18 h sur Crock Radio 89.5 FM et co-animée par des élèves du Club médias, la femme de la semaine est l’héroïne du concours d’écriture collaborative proposé aux groupes d’EMI de 6e en cette année de commémoration des 400 ans de sa naissance. Il s’agit de Marie de RABUTIN-CHANTAL plus connue sous le titre de Marquise de SÉVIGNÉ, célèbre épistolière du Grand Siècle (XVIIe s) décédée et inhumée à Grignan, en Drôme provençale.

Par ailleurs, Monsieur ROMON, le principal adjoint du collège de l’Isle sera l’invité exceptionnel de l’émission ; il sera interviewé par les crockologues (de 5ème 2) !

Vous allez découvrir ci-après les trois textes collaboratifs lauréats de ce concours d’écriture. Le premier, rédigé par le groupe B d’EMI de 6ème 2 a comptabilisé près de 70 points : une victoire indiscutable !

Texte A

Ultime tracé de plume…

Ma très chère fille tant aimée,

mes chers proches et amis,

Nous sommes le 16 avril 1696 et mes forces m’abandonnent. Par cette dernière lettre, je veux néanmoins revenir sur ma vie d’épistolière.

De Paris où je suis née le 5 février 1626 à Grignan où je vais sûrement m’éteindre, que de chemins parcourus, de personnes rencontrées et de correspondances échangées.

Pour moi, la vie n’a pas toujours été facile : orpheline à sept ans et veuve le jour de mon vingt-cinquième anniversaire, je me suis retrouvée seule avec deux jeunes enfants. J’ai dû faire face à de nombreuses épreuves que l’amour pour Françoise-Marguerite m’a permis de surmonter.

J’ai toujours goûté au plaisir de conter avec un certain humour les anecdotes et les péripéties vécues par mon entourage. À la veille de ma mort, je suis néanmoins très abattue à l’idée de quitter ma chère enfant… et ma plume, complices de l’écriture de centaines de lettres…

J’aurais voulu vous dire encore…

Lettre trouvée le matin du 17 avril 1696 sur l’écritoire de Madame de Sévigné, décédée en pleine séance d’écriture…

Sur la deuxième marche du podium, c’est le texte L qui s’est imposé. Il a été rédigé par le groupe A d’EMI de 6ème 5 et a obtenu 36 points.

Texte L

Des lettres qui ont révélé l’Histoire

Grignan, le 27 mars 2026

Pour la première fois de ma vie de fantôme, un collégien a réussi à m’apercevoir lors de sa visite du château, avec sa classe de sixième. C’est tellement incroyable que j’ai accepté de m’entretenir avec lui.

Qui suis-je ? Une épistolière qui a connu la célébrité après son décès et grâce à qui Grignan est devenue la ville de la correspondance…

Reprenons : je suis née le 05 février 1626 à Paris sous le patronyme de Marie de Rabutin-Chantal. Orpheline de père et de mère à l’âge de sept ans, je me suis mariée en 1644 avec le marquis Henri de Sévigné, dont j’ai pris le nom et le titre. J’ai eu une fille, Françoise-Marguerite, et un fils, Charles, que j’ai dû élever seule puisque mon époux est décédé lors d’un duel en 1651.

J’ai toujours été très proche de ma fille Françoise-Marguerite que j’ai tenu à éloigner de la Cour de Versailles. Elle a épousé le Comte de Grignan avant de partir vivre avec lui, en Provence. Un déchirement !

Pour combler le vide causé par cette séparation,je me suis mise à lui écrire de nombreuses lettres, plusieurs fois par semaine, afin de garder notre lien familial si particulier. Je lui ai rendu visite à trois reprises et je ne suis jamais repartie de Grignan puisque j’y suis décédée le 17 avril 1696… à l’âge très honorable de soixante-dix ans.

Depuis le caveau des Adhémar de la collégiale Saint-Sauveur, je hante les couloirs du château. J’ai ainsi aidé ma petite-fille Pauline à retrouver mes mille et unes lettres, qu’elle a réussi à faire publier. Je lui dois donc ma renommée.

Enfin, en troisième place, on trouve le texte K réalisé par le groupe A d’EMI de 6ème 3 qui a obtenu le score tout à fait honorable de 29 points.

Texte K

Madame de Sévigné : une femme « moderne » ?

A l’occasion du quatre-centième anniversaire de sa naissance, nous partons sur les traces de Madame de Sévigné en tant que jeunes historiennes et historiens, bien décidé-es à vous prouver en quoi elle était différente des autres femmes de son époque et de son statut.

Née à Paris le 05 février 1626, dans la petite noblesse, Marie de Rabutin-Chantal devient orpheline très jeune, perdant son père à une année de vie et sa mère, à l’âge de sept ans. Recueillie par sa famille maternelle, elle a l’opportunité de recevoir une éducation équivalente à celle d’un garçon : de nombreux enseignements lui sont dispensés, notamment la découverte de la littérature grâce à une abondante bibliothèque à sa disposition.

En épousant Henri de Sévigné à l’âge de dix-huit ans, elle se conforme aux exigences de son époque. Deux enfants naissent de cette union : Françoise-Marguerite en 1646 et Charles, deux ans plus tard. Elle devient veuve à l’âge de vingt-cinq ans et goûte avec plaisir à une indépendance retrouvée. N’avoir jamais voulu se remarier alors que, très belle femme, elle est très courtisée, atteste de son esprit libre et moderne.

Après le mariage de sa fille avec le Comte de Grignan et le départ du couple, en 1671, pour la Provence, la séparation entre la mère et la fille est terrible pour Madame de Sévigné. C’est alors qu’elle décide de lui écrire plusieurs lettres par semaine pour entretenir leurs liens fusionnels. Cette correspondance régulière et privée, au départ, va permettre de montrer toute l’intelligence, l’humour et le sens aigu de l’observation dont la marquise est dotée. Bien plus tard, après sa mort survenue à Grignan lors d’un séjour auprès de sa fille tant aimée, le 17 avril 1696, sa petite-fille s’emploiera à faire publier les centaines de lettres échangées entre elles mais aussi toutes celles qui ont décrit la vie quotidienne sous le règne de Louis XIV !

Cette correspondance est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO : une belle reconnaissance pour une femme du XVIIe siècle.

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