Grosses tensions ce jeudi 1er octobre 2026 devant le lycée Galilée, voisin de notre collège, dans le quartier de l’Isle, à Vienne dans l’Isère
Nous, les six élèves « survivants » de 6ème 3 en ce vendredi, allons vous raconter ce que nous avons compris de cette « folle » journée d’hier… A l’appel d’un mouvement national de contestation dans les lycées débuté en région parisienne puis dans toute la France depuis une semaine à peine, certains lycéens ont décidé de bloquer l’accès au LPO Galilée aux élèves vers 8 heures. Seuls 150 étaient présents sur les plus de 900 attendus, d’après Vivre Vienne, le périodique local. Plusieurs dizaines de personnes, dont certaines cagoulées et pas forcément lycéennes ni viennoises, ont tenté de renverser les grilles pour entrer dans l’enceinte de l’établissement, en vain. Elles ont mis le feu à des poubelles et s’en sont prises au mobilier urbain (panneaux d’affichage, feux de signalisation…)
Voilà pour les faits. Quant à nous, dès le matin, nous avons croisé des policiers, nous avons entendu des tirs (de feux d’artifice ?), nous avons aperçu et senti de la fumée et nous avons été confinés à l’intérieur en fin de matinée… pour une heure, par précaution.
Beaucoup d’émotions, surtout en raison de rumeurs très inquiétantes, transmises par les « grands » du collège. Parmi elles, la mort annoncée d’élèves du lycée, puis celle d’un « bébé » tombé au combat ! Sans oublier, une professeure décapitée, un manifestant caché dans un trou avec une bombe lacrymogène et un surveillant de notre collège gazé et molesté ! Bien sûr, aucune de ces annonces n’était fondée…
Bien que les manifestants soient repartis en direction du Lycée Ella Fitzgerald à Saint Romain-en-Gal, que les professeurs et la direction nous aient rassurés, l’inquiétude a continué son œuvre et beaucoup d’élèves ont été récupérés par leurs parents pour se rassurer. Nous, nous sommes restés parce que nous étions et nous nous sentions en sécurité…
Pour autant, nous avons continué à entendre des annonces selon lesquelles le mouvement recommencerait à 14h, puis à 16h, puis ce vendredi. En raison de menaces plus ou moins fondées de poursuite du mouvement, d’une tentative d’incendie d’un bus scolaire à Roussillon, les transports scolaires n’ont pas fonctionné aujourd’hui et beaucoup de collégien-nes ne sont pas venu-es… Aussi, sommes-nous beaucoup moins nombreux en cours. C’est pourquoi nous nous qualifions de « survivants » car beaucoup d’élèves sont absents dans chaque classe.
La leçon à retenir de cette expérience pleine d’adrénaline : sous l’effet de la peur, nous avons envie d’avoir des informations, mais comme elles ne nous parviennent pas directement (on ne voit rien, on entend vaguement mais on a soif d’explications) alors l’imagination prend le relais… Chacun y va de sa version des faits, quitte à « inventer » certains détails pour que ça fasse plus « vrai »… Après, la machine est lancée : le bouche à oreilles, attisé par les réseaux sociaux fait le reste. L’info laisse la place à l’infox et on ne sait plus ce qui est exact ou non . Des vidéos circulent et sont partagées sans qu’on sache précisément qui les a prises et avec quel point de vue. C’est pourquoi nous avons réfléchi, en EMI, ce matin, à la manière dont l’information nous parvient. Comme les vrais journalistes, il nous faut vérifier de qui on parle, de quoi, et surtout s’en tenir aux faits : quel endroit, quel moment, quel angle de vue ? C’est très difficile à faire, surtout quand on a peur ou qu’on aime se faire peur…
Personne ne sait encore ce qu’il va se passer précisément dans les prochains jours mais nous essayerons de ne pas nous laisser emporter trop vite par les flux de désinformation… En ce moment, réfléchir plutôt que réagir est un boulot à plein temps !
Jennah, Jules, Léo, Leonard, Mathys et Tiago.


Merci et bravo pour cet article qui ramène aux faits! Une action responsable et citoyenne qui fait du bien.
Merci pour ces informations.Très belle rédaction !
Malou G-C